Le 28 septembre 2006, le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté le recours d’un élu Front National à l’encontre de l’arrêté préfectoral de convocation des électeurs, sur conclusions conformes du Commissaire du Gouvernement, qui avait conclu au rejet de la requête au motif que « le Préfet n'a pas pris son arrêté pour permettre le retour d'Alain Juppé, mais pour répondre aux impératifs de la loi après la démission de plus d'un tiers des conseillers municipaux ».

En effet, il est clair que la démission d’un mandat électoral, qui ne constitue pas un acte administratif, peut être donnée pour tout motif. Elle prend effet dès sa réception, sans qu’il soit besoin que le maire l’accepte. Le Préfet ne pouvait donc que tirer les conséquences légales de ces démissions.

Pour autant, selon la jurisprudence, le fait de démissionner peut être constitutif d’une manœuvre électorale de nature à entacher la régularité du scrutin, grief qui peut être invoqué à l’occasion d’une protestation électorale contre les résultats du scrutin.

Ainsi le Conseil d’État a eu l’occasion de juger très récemment, que le fait de démissionner de son seul mandat de maire pour pouvoir participer à l’élection du nouveau maire avant que ne soit prononcée sa démission d’office constitue une manœuvre électorale de nature à entacher d’irrégularité l’élection (CE, 5 mai 2006, Commune de Goussainville et autres, n° 288488 : Rec., T.).

De même, la démission de conseillers municipaux dans l’objectif de faire procéder à de nouvelles élections en application de l’article L. 270 du Code électoral afin de faire échec aux protestations électorales en cours d’instance constituent une manœuvre électorale (CE, Sect., 27 juillet 1990, M. Langenier, n° 108693 : Rec.).

Dès lors, cette affaire pourrait encore réserver des surprises.