La procédure disciplinaire à l’encontre du procureur Lesigne est vouée à l’annulation
Par François GILBERT :: Divers
Le Garde des Sceaux a manqué une occasion de se taire. En effet, alors même qu’il annonçait sa décision de saisir le Conseil supérieur de la magistrature à l’encontre du juge Burgaud et du procureur Lesigne, il déclarait « je suivrai l’avis du CSM quel qu’il soit ».
Vous n’êtes en effet pas sans savoir que, s’agissant des magistrats du parquet, le CSM ne rend qu’un avis, la décision finale appartenant au seul Garde des Sceaux (article 65 de la Constitution).
Or, le Conseil d’État a déjà eu l’occasion de juger, au sujet d’un des membres du parquet dans l’affaire des disparues de l’Yonne, que le fait pour le Garde des Sceaux de prendre une mesure conforme à l’avis du CSM alors qu’il avait fait savoir préalablement à cet avis qu’il le suivrait, entache la décision disciplinaire d’incompétence négative, ce qui doit conduire à son annulation (CE Sect. 20 juin 2003, ''M. Stilinovic'', n° 248242 : Rec.).
Dès lors, Pascal Clément ne pourra faire autrement que de ne pas suivre l’avis du CSM (en infligeant une sanction plus lourde ou plus légère) ou de prendre une décision vouée à l’annulation.
Ses propos ont-ils été tenus sciemment et en toute connaissance de cause ? La question se pose sérieusement.






Commentaires
Ajouter un commentaire
Envoyer ce billet
Cliquez ici