Ce principe fondamental d’une démocratie, sans lequel, aux termes de la Déclaration des droits de l’homme et citoyen, le pays « n’a point de Constitution » ne semble plus compris. Il est relégué à un vague concept juridique, connu du seul homme de l’art, et que le politique ne reconnaît plus. Chaque jour nous en donne une illustration : le ministre de l’Intérieur qui réclame qu’un magistrat paie pour sa faute, le législateur qui censure des décisions de justice, le quasi-veto du gouvernement à une loi, le recours massif aux ordonnances et à la procédure d’urgence… Ces critiques n’étaient absentes d’aucun des vœux formulés récemment par les plus hauts représentants des juridictions et du Parlement.