jeudi 17 novembre 2005
La protection des sources du journaliste
Par François GILBERT :: Divers
La question de la protection des sources du journaliste figure parmi les grands problèmes d’actualité, tant en France (perquisition au siège du Parisien le 15 novembre et, antérieurement, aux sièges des journaux L’Équipe et Le Point), que sur un plan international (affaire Miller aux Etats-Unis).
Rappelons, tout d’abord, que la presse joue indéniablement un rôle très important dans les sociétés démocratiques modernes. L’importance de ce rôle s’attache tant à sa nécessité qu’à son impact. D’une part, il est devenu nécessaire, eu égard au caractère représentatif de notre système démocratique qui impose une certaine forme de contrôle des représentants par les représentés, même en l’absence de mandat impératif. D’autre part, la multiplication des organes et des vecteurs de communication, ainsi que de leur diffusion, les a placés dans le quotidien, pour ne pas dire l’intime (je vise ici, particulièrement, la télévision), du citoyen. Bien que parfois décriée, la presse a donc un rôle de « chien de garde » de la démocratie, pour reprendre la formule de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH 27 mars 1996, Goodwin c./ Royaume-Uni).
Pour remplir cette tâche, les journalistes doivent bénéficier de certaines protections. Notamment, la protection de leurs sources leur offre la garantie de bénéficier de témoignages, sans que leurs auteurs puissent craindre d’éventuelles représailles. La seule autre façon pour ces sources de se protéger serait de témoigner de façon anonyme auprès du journaliste, ce qui serait nuisible à la qualité de l’information, le journaliste ne pouvant vérifier son potentiel d’exactitude (certaines sources sont, en effet, par leur proximité à l’information, plus fiables que d’autres).
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